samedi 11 mai 2013

Marcher pour les crimes rituels : la propagande qui fait outrage…

Les nombreux meurtres au Gabon qu’on qualifie de crimes rituels  constituent, à lire les images et les souffrances  qui traumatisent l’esprit, l’horreur absolue.

En l’absence de mesures politiques et judiciaires observables et mesurables pour endiguer le phénomène, les citoyens ont sollicité une marche en vue de protester contre l’inertie voir, la quasi-complicité de l’État au regard l’impunité qui semble favoriser la recrudescence de ces actes ignominieux.

Considéré depuis longtemps d’incompétent face à la souffrance des citoyens et pour  ne pas être montré du doigt devant la communauté nationale et internationale, l’État, a, à travers la femme de son chef,  pris sur lui de parrainer la marche. 

Comme dans ces royaumes des princes inaptes,  des citoyens ont arboré des pancartes et des banderoles pour faire parler l’action politique et judiciaire pourtant inaudible et invisible de l’État…

En effet, à l’inverse des silences des morts, le gouvernement et l’état-major (d’insécurité), confrontés à la demande de manifestation, ne pouvant s’esquiver, a tenté de s’exprimer. Ainsi que cette personne qui se dit responsable mais pas coupable, il fallait tout à la fois cacher son incompétence et donner à voir pour illustrer une désapprobation qui n’en n'est pas une en réalité.

D’où le recours à une « propagande visuelle » et surtout à une rhétorique de l’image, partiellement ancrée dans les canons politiques habituels qui conduisent à faire porter un Tee-Shirt pour montrer l’adhésion et le soutien populaire.  Belle époque que celle de la gouvernance par la misère!

Voilà que, alors que nous aurions cru, l’espace d’un instant, à la sincérité de la démarche, les images, les images de trop, dans les banderoles, sont  venues bouleverser l’environnement visuel de ce qui devait être un moment de recueillement face à la douleur. Dans la foule, qui semblait s’avancer telle la somnambule perdue dans son sommeil mais avançant par cette mécanique de l’automatisme, des  palettes de mots donnaient le dégout.

Sans doute Obsédés, consciemment ou non, par cette volonté d’acquérir la légitimité qui fait défaut, le chef de l’État, son épouse et leur entourage ont encore fauté.

Par la tenue de cette marche et la méthode qu’elle a revêtue, nous avons appris que le mépris et l’insouciance politique sont chez certains des défauts. Chez d’autres ce sont des particularités humaines comme par exemple le fait d’être droitier.

Le silence que l’on observe est celui des agneaux…

Que de douleur…pauvre peuple!

JMN

dimanche 5 mai 2013

La clé de domination de l’émergent du village : semer la crainte pour récolter la peur.



Il étonne plus d’un par sa  dextérité politique méphistophélique. Le dernier congrès du PDG a révélé le sacre de sa domination politique. Depuis la saisie du pouvoir, tout se passe comme s’il exécutait un dessein pensé soigneusement depuis longtemps. On a même l’impression, à la manière dont les choses se passent, que ce plan a été essayé et réessayé plusieurs fois pour examiner sous toutes les coutures toutes les faiblesses éventuelles.  

En effet, la pratique  du pouvoir que l’on observe semble  ne laisser aucune place à l’ambigüité. La mémoire populaire cultivée à dessein fait naitre la peur là où d’habitude seuls la compétence et l’amour vrais mobilisent les esprits.
Incontestablement, l’émergent du village entretient la peur avec brio, l’exploite à satiété.

Qui peut oser…pas moi, se disent certains dans le murmure de l’anonymat de leur esprit tourmenté par la crainte des représailles. Non pas qu’ils seront fusillés mais dépouillés de leurs biens….mal acquis?
Aussi, habités par cette angoisse permanente de perdre leurs privilèges, ceux qui sont en mesure de contester le pouvoir usurpé n’osent pas ouvrir les yeux. Bien au contraire, ils les gardent bien fermés.

Lors du dernier congrès du PDG, cette peur était bien lisible dans bien de visages. Elle a conduit tous les caciques et autres grands hommes du parti, sous un autre règne, à se réfugier dans le creux de leurs mains. De la même façon qu’ils étaient blottis dans leurs fauteuil comme pour dissimuler toute grimace qui trahirait la moindre opposition, ils évitaient le regard arrogant de leur hôte qui n’attendait qu’un regard de défiance.  Devant l’arrogance amusée, on a vu des gens habités par l’humiliation et surtout la honte, considérés par une certaine gestuelle de domination certaine comme des moins que rien. Ainsi, ont-il involontairement laisser apparaitre l’impression de gens accrochés ad vitam aeternam au pouvoir de l’émergent comme une arapède à son rocher.
Cela est compréhensible dans une certaine mesure.

L’histoire de la conquête du pouvoir par la force et de la domination qui en résulte est riche en enseignements. Elle nous apprend que les premiers gouvernements qui se sont emparés du pouvoir par la guerre et par la conquête politique illégitime ont imposé aux conquis une domination résultant de la peur. Les vaincus qui n’avaient pas été exécutés ou vendus comme esclaves devaient payer un tribut aux vainqueurs. Au moindre signe de rébellion, les vainqueurs menaçaient de confisquer les biens des conquis et de les réduire à l’esclavage. Dans ce contexte, le paiement d’un tribut était un moindre mal. Ainsi apparurent les premiers régimes d’impôts. Dans mon village émergent, il suffit de menacer ces nantis de les traduire devant la Commission de l’enrichissement illicite ou de priver certains de leur salaire pour s’assurer contenir la les moindres signes de contestation politique.
Certainement, l’émergent du village a longtemps compris que le moindre signe de faiblesse de sa part risque de se solder par la révolte des conquis. Faire régner une certaine peur soustrait les plus coriaces à l’entreprise de dénonciation de son pouvoir. Pour cette raison, il est immergé dans ce délire obsidional, l’incitant à mobiliser tous les moyens de l’Etat non pas pour le bien de la population, mais pour la conservation de ce pouvoir, en répandant à dose homéopathique de la peur au sein de la population. De fait, certains sont sous cette impression d’un danger anticipé.

La mémoire collective cultivé entre autre par le décès de Josèphe Redjambé et la douloureuse mort de Rawiri est sans équivoque. Ce type qui a une pierre à la place du cœur est capable des monstruosités inimaginables. L’opinion des leaders nationaux qui doit être un rempart, semble être du côté du bourreau non pas amour pour lui mais par peur. Dès lors, abandonnant la veuve et l’orphelin à leur triste sort, certains ont pris parti de plier l’échine. Voilà pourquoi, lors du congrès du PDG on avait même du mal à les identifier. La bouille renfournée, ils étaient porteurs de masque, le masque de la peur.   

JMN

lundi 29 avril 2013

Gabon Entre le-coup-d’État-électoral-perpétuel et le néant d’une opposition politique nationale.


Réponse  au texte:  «Gabon-Entre la rue et coup d’État».

En quoi la critique que vous faites peut-elle être de quelque utilité si l’on tient compte du fait que depuis trois ans plusieurs critiques ont tenu à peu près le même discours et que presque tous ces discours sont arrivés au même constat du maraudage des institutions de la République et l’incurie de ceux qui détiennent le pouvoir illégitimement?

C’est précisément l’aspect répétitif de ce discours de dénonciation qui m’invite à la présente démarche pour donner réponse à votre propos. Je ne viens pas dire ce qui s’est passé et ce qui se produit depuis. Tout au plus préciser pourquoi ce qui s’est produit se perpétuera si rien de notable n’est fait de la part de ceux qui contestent les gouvernants actuels.

Le fait de polariser l’attention sur Ali Bongo Ondimba, de parler de l’usurpation du pouvoir; le fait de proposer des mesures de redressement de la situation qui dépendraient entièrement de la volonté de celui qui a usurpé le pouvoir est une attitude qui participe à la conservation du pouvoir par l’usurpateur et le système PDG. De plus, la polarisation faite sur Ali Bongo et compagnie de même que vos propositions empêchent toute prise de conscience sérieuse sur la situation et la conception des moyens pour en sortir.

Vous dites que la situation de crise multiforme qui prévaut au Gabon a sa provenance dans ce que vous qualifiez de péché originel : «le coup d’État du 3 septembre 2009 et les tueries qu’il a occasionnées à Port-Gentil par des militaires, envoyés mater dans le sang, la contestation des résultats par les port-gentillais en courroux… la dissolution de l’union nationale… le boycottage massif des élections législatives de 2011». On suppose, d’après votre propos, qu’avant septembre 2009 la situation sociopolitique qui primait au Gabon était harmonieuse.

Il n’en est rien.

La crise sociopolitique que nous connaissons au Gabon date de plus de vingt ans. La dégradation progressive et continuelle des conditions de vie des populations depuis le milieu des années quatre-vingt a tout simplement atteint aujourd’hui un nouvel apogée. Cette situation, qui n’est pas du seul fait de la saisie illégitime du pouvoir, est la conséquence du décalage entre l’inorganisation et le dysfonctionnement politique du pays au cours des trente dernières années et les attentes politiques et économiques des populations gabonaises.

Au milieu des années quatre-vingt, les carences de l’État à satisfaire les besoins de la population, notamment la création d’emplois durables après la fermeture de la Compagnie de construction du chemin de fer gabonais (Eurotrag), la fin de l’exploitation du principal puits de pétrole du site de Rabi-Kounga et le non renouvellement du financement du filet social ont entraîné une situation de crise dont le paroxysme est la crise sociale et économique que nous connaissons.

Indubitablement, on se souviendra du manifeste du MORENA, des manifestations politiques de la gare routière, des nombreuses grèves des enseignantes et des enseignants du primaire et du secondaire de même que celles des étudiants de l’Université Omar Bongo. Ces grèves et les interpellations du pouvoir au regard de la situation de crise qui prévalait ont favorisé une multiplication de crises sectorielles dès la fin des années quatre-vingts.

À cette époque-là, le Fonds Monétaire international (FMI), sollicité pour redresser la situation économique avait décrit une situation socio-économique qui ne pouvait revenir à la normale que par une cure de redressement sévère dans la gestion du pays. Cette cure n’a jamais eu lieu. On a plutôt eu droit à la tenue de la Conférence nationale. Oui, elle avait les ambitions de mettre en place des institutions politiques nouvelles. Pourtant, après la Conférence nationale, le pays a continué à être géré avec les mêmes manquements économiques et les mêmes travers.

Cette continuité de la gestion calamiteuse du pays s’explique par le fait d’une absence de femmes et d’homme résolument préoccupés par la bonne gestion du pays et décidés à s’opposer fermement au modèle politique et économique qui s’était institué avec l’instauration du parti unique, entre autres, la patrimonialisation de l’État et sa gestion pour des fins politiques privées en vue de satisfaire les lubies de quelques individus. Ceux qui ont contesté le pouvoir d’Omar Bongo ont tous adopté des comportements politiques pour arriver aux affaires et faire comme ceux qu’ils dénonçaient.

Assurément, en l’absence de femmes et d’hommes de conviction politique profonde, Omar Bongo Ondimba avait jeté sur la place publique l’idée de la Conférence nationale. Il en a usé comme moyen pour détourner les Gabonais de la prise de conscience de la situation socio-économique existait. En vautours, les politiques de l’époque sont tous tombés dans l’arène et ont jeté leur dévolu sur les gains matériels qu’ils pouvaient accumuler pour eux-mêmes et leur famille.

De fait, la Conférence nationale qui devait conduire le pays sur une gestion politique et économique plus saine a conduit à favoriser une kermesse de partis politiques régionaux, de famille et de clans politiques tous décidés à s’enrichir. La réorganisation et ce fonctionnement nouveau de l’État qui devaient naitre du multipartisme a ainsi viré à cette espèce de démocratie de convenance constituée par des partis politiques kleptocrates.

Ainsi, bien que l’on assiste à la tenue des élections multipartistes, les résultats ont toujours été consacrés à travers des coups d’État électoraux consacrant l’inefficacité des opposants à faire barrage à l’incurie politique des tenants du pouvoir. En fait, les opposants n’ont jamais compris que les élections pluralistes et les kermesses qui les accompagnent ne servent qu’à justifier l’existence d’un régime politique démocratique. Ils n’ont pas compris que les élections n’ont de valeurs que lorsqu’ils existent des institutions pour garantir la libre expression politique et la crédibilité du scrutin proclamé. De cela, le Gabon vit depuis septembre 1993 une situation de coup d’État électoral permanent. C’est, cela, le péché originel.

En somme, cher frère, en mentionnant la crispation émanant de la dissolution de l’Union Nationale, les soubresauts du boycottage massif des élections législatives de 2011, les conflits sociaux multiples et récurrents et le comportement belliqueux de M. Ali Bongo qui cherche à régler ses comptes à ceux qui riaient de lui du vivant de son père, vous ne faites qu’évoquer des symptômes d’une situation qui prévalaient avant 2009. Si cette situation a continué après le décès du président Bongo cela n’est pas seulement attribuable à Ali Bongo. On y trouve aussi comme facteur justificatif la faiblesse du moins l’existence d’une opposition politique nationale réellement authentique.

La crise sociopolitique peut produire des manifestations violentes qui sont susceptibles conduire à défaire le régime politique actuel. Mais la population peut tout aussi souffrir en sourdine, lorsqu’elle ne trouve pas les voix et les moyens pour exprimer le dépit de sa condition et notamment, lorsqu’elle voit des divisions sociologiques qui favorisent la désunion et la dispersion des énergies essentielles à manifester le ras-le-bol éprouvé. Depuis l’ouverture du pluralisme politique dans notre pays, chaque leader, créateurs d’un parti politique s’est vu s’octroyer un destin de meneur de femmes et d’hommes non pas pour l’intérêt du pays, mais pour soi. À quand l’Union de l’opposition? C’est sur ça qu’il faut méditer et non sur ce que fait ou ne fait pas Ali Bongo Ondimba.

JMN

Le vote au Gabon ne sert que d’exécutoire politique aux citoyens.


Le vote au Gabon ne sert que d’exécutoire politique aux citoyens plongés dans la misère et qui espèrent voir leur pays changement de gouvernance parce que sinon, ils prendront le chemin de la révolte…Le problème est que plusieurs compatriotes n’ont pas encore compris que la mauvaise gouvernance découle, pour l’essentiel dans la durée du temps parcouru, de la confiscation du pouvoir. Aujourd’hui, toute stratégie politique doit conduire à faire en sorte l’expression politique exprimée dans les urnes se fasse correctement, que cette expression soit respectée et qu’elle se traduise dans le fonctionnement institutionnel et politique du pays. Mais comment y arriver. Dans un échange intéressant avec un compatriote il a dit ceci : «Le Gabon fonctionne avec plusieurs mécanismes de conservation de pouvoir pour détourner l'attention des Gabonais sur les choses sérieuses, tel que le développement du pays….Un de ces mécanismes consiste à critiquer et à tuer toute initiative dans l’œuf en qualifiant son porteur ou en l’accusant de chercher à manger le gâteau, à rechercher une nomination, une faveur. Il suffit de pointer ceux qui raisonnent ainsi pour identifier les vraies forces d’inertie en action dans notre pays». Il a raison, si l’on convenait tous ensemble que le problème qui nous accable tous est la confiscation du pouvoir, pourquoi ne pas travailler tous ensemble pour cette confiscation cesse? Simplement parce qu’au sein de l’opposition, la nature même que nous percevons la chose politique et des actions pour faire tomber le pouvoir sont en eux-mêmes des mécanismes de conservation du pouvoir aux mains des tenants du pouvoir. Comme qui dirait, on n’est pas sorti de la mouscaille.

Les initiatives comme celle de la Convention de la Diaspora avaient objet de sortir du cercle vicieux de l’opposition politique au Gabon en conduisant à une unité politique qui allait essentiellement se focaliser sur la dé-confiscation du pouvoir. Malheureusement, comme toujours avec chaque initiative du genre, quelques membres de cette organisation étaient dans un double agenda. Certains se voyaient déjà ministre, chef d’État avant faire échoir le système PDG, un peu comme ce chasseur qui va l’ours avant son agonie. Ce fut également la même chose avec le projet du Gabon Tous de l’Union Nationale et que dire de l’idée de la Conférence Nationale Souveraine?

Tout cela est d’une telle triste que je parviens à peine à contenir mes larmes.

JMN

Jeûne politique: la grève de la faim

Pour faire suite aux nombreuses questions et moqueries du même genre.

La grève de la faim, le jeûne, l’abstinence de prise de nourriture est une pratique ancestrale pour s'autoguérir. Même les animaux la pratique. Ils cessent de manger lors des maladies ou blessures. Cette abstinence alimentaire peut être : contrainte par suite de privations ou de sous-alimentation pour des raisons socio-économiques. Le jeûne peut aussi être volontaire pour des raisons médicales, spirituelles ou politiques. Lorsqu’il est pratiqué pour des raisons politiques, il vise à sensibiliser, à attirer l’attention sur un état de fait afin que ceux qui agissent pour causer du tort ou un préjudice à l’ensemble de la communauté cessent de croire qu’ils le font à l’abri des regards et de la conscience publique. Chez certains, ce phénomène est pris en dérision par quelques internautes qui cherchent à faire des blagues sur l’acte politique qui est posée par ce geste. Au Gabon, lorsqu’on n’a pas d’affinité avec un homme ou une femme politique ou même lorsqu’on ne partage pas ses convictions ou son engagement politique, on prend souvent le raccourci de faire de la dérision, faute d’arguments ou d’un discours pour montrer l’invraisemblance de l’engagement ou des convictions politiques de la personne qu’on tourne en dérision.

Mais bon, il faut dire qu’au Gabon, nous vivons chacun à sa manière un état de psychose qui nous délabre tous. Le refoulement intérieur que chacun vit conduit à des prises positions politiques ou à la colère contre l’autre sans vraiment avoir une raison valable de le haïr. Il faut simplement détester, c’est ce qui compte …avoir de la haine pour son prochain parce qu’on est mal dans sa peau.

JMN

mercredi 24 avril 2013

AVIS D’INFORMATION AUX AMIS DE L’UPG ET AUX INTERNAUTES

M. Bruno Ben Moubamba a l’honneur d’informer ses amis, les partisans de l’Union du Peuple Gabonais (UPG) et les internautes qu’il sera le principal invité de l’UPG fédération Ngounier-Sud à Ndéndé dans le sud du Gabon ce vendredi 26 avril 2013 à 15 heures, heure locale. Au cours de cette assemblée, M. Bruno Ben Moumbamba fera une importante déclaration prélude à sa prise de fonction effective au sein du bureau exécutif de l’UPG. Il aura notamment à articuler une vision d’une opposition politique nouvelle qui doit prévaloir pour favoriser les changements sociopolitiques implorés par les Gabonaises et des Gabonais.

Aussi, dans l’avant-propos de son discours, il dira les raisons pour lesquelles l’UPG n’adhère pas à l’Union des Forces du Changement (UFC) et à l’Union des Forces pour l’Alternance (UFA). Il précisera par conséquent que l’UPG reste membre de l’Alliance pour le Changement et pour la Restoration (ACR). Il est à noter qu’à ce jour, en plus de l’UPG, l’ACR est composé du Rassemblement National des Bucherons (RNB) présidé par le professeur Nkombila, du Parti Démocrate et Social (PDS) présidé par Maître séraphin Ndao et de l’Alliance pour le Nouveau Gabon (ANG) présidé par le Dr. Akouré.

Autant, contrairement à certains dires malveillants, M. Bruno Ben Moumba indiquera qu’il est résolument dans un état d’esprit patriotique pour faire naitre une opposition politique renouvelée et responsable pour la construction et de la normalisation du pays. Cette opposition ne peut se construire qu’à travers le crédit politique que les populations de toutes les régions du Gabon accorderont aux discours et aux positions politiques exempt d'ambiguïté. Il n’est donc pas question pour l’UPG d’être dans le suivisme politique qui pousse à des positionnements politiques bancals démobilisateurs des Gabonaises et les Gabonais qui souhaitent ardemment les changements dans la gestion de leur pays.

Pour cela, Bruno Ben Moubamba indiquera en quoi l’UPG est résolument dans l’opposition politique au système et au Parti politique au pouvoir. Bruno Ben Moubamba croit fondamentalement qu’il faut au Gabon un parti politique qui gouverne et un parti politique qui agit dans l’opposition sans complaisance avec le parti au pouvoir. Il faut à l’opposition nouvelle qu’il appelle l’UPG à incarner qu’elle incarne une réelle alternance par des stratégies efficaces et un programme politique crédible qui gagnera à recevoir l’adhésion de la majorité des Gabonais.

En conséquence, il démontrera que l’opposition politique et la mobilisation des Gabonais pour le changement se font sur le terrain en commençant par l’intérieur du pays. Il faut toucher du doigt le vécu des Gabaonaises et des Gabonais, comprendre leurs aspirations pour ouvrir avec eux la voie du changement qui doit commencer maintenant.

Que Dieu vienne en aide aux Gabonaises et aux Gabonais

Pour que naisse au Gabon une République normalisée.

L’équipe de communication

dimanche 21 avril 2013

Bruno Ben Moubamba en résidence surveillée à Ndéndé


À sa quatrième journée de grève, Bruno Ben Moubamba s’est rendu à l’Église de Ndéndé pour la messe dominicale du dimanche. Lui et les habitants de la ville Ndéndé, venus nombreux à l’Église, ont été expulsés par les miliciens du Parti Démocratique Gabon, le PDG, parti au pouvoir. Les miliciens étaient armés d’armes blanches : des gourdins, des couteaux et des machettes. Bruno Ben Moubamba a à cette occasion fait l’objet de menaces de mort de la part des partisans du directeur général du budget du Gabon.  Les milices du PDG ont par la suite raccompagné "manu militari" Bruno Ben Moubamba  à son domicile. Les milices ont violemment empêché ses partisans à manifester pour protester contre ce comportement de privation de liberté du culte et le placement en "résidence surveillée" de Bruno Ben Moubamba.
Bruno Ben Moubmba appelle la communauté internationale et nationale à protester contre la destruction du bâtiment colonial et du patrimoine historique de la ville de Ndéndé par le haut fonctionnaire de la direction générale du budget du Gabon. De même, il sollicite la communauté internationale et nationale à demander M. Ali Bongo Ondimba d’arrêter l’assassinant des Gabonaises et des Gabonais et le harcèlement et l’intimidation des leaders d’opinions afin que le Gabon devienne un État de droit où la vie humaine est sacralisée, où les libertés individuelles et la sécurité de tous doivent être garanties.
Au moment où nous publions ce texte, les partisans du PDG préparent des manifestations pour manifester contre les crimes rituels. Il s’agit tout simplement d’un activité de propagande politique fasse à l’indignation exprimée dans les réseau sociaux par rapport au refus du ministère de l’intérieur du Gabonais d’interdire les Gabonais à s’exprimer publiquement contre la marchandisation des organes humains à des fins de fétichisme politique par ceux qui détiennent le pouvoir politique au Gabon.
Bruno Ben Moubamba invite l’État Gabonais à montrer patte blanche fasse à ses crimes crapuleux en mettant en place une commissions d’enquête publique internationale en vue de faire la lumière sur les commendataires de ces crimes.

JMN.

vendredi 25 janvier 2013

Construire une opposition politique nationale démocratique pour bâtir la démocratie au Gabon.

L’opposition politique au Gabon, sortie anémiée des crises électorales successives, dont le coup d’État électoral de 2009, est aujourd’hui dans un état lamentable.

La dissolution de l’Union Nationale, le décès de Pierre Mamboundou Mamboundou et la mésentente entre ces héritiers politiques de même que l’échec d’une véritable Union des Forces de l’Alternance montrent le délitement d’une opposition de plus en plus désarticulé.

Faut-il le rappeler, l’opposition politique constitue un contre-pouvoir. Lorsqu’elle est harmonieusement constituée, elle permet d’éviter que ceux qui sont au pouvoir aient la tentation de mener une politique portant atteinte au patrimoine socio-économique et aux droits et libertés des citoyens.

En persistant d’exister à travers des petits groupes politiques dispersés non démocratiques, l’opposition politique actuelle ne peut offrir au peuple une réelle structure d’alternance politique ou même l’entraîner dans une mobilisation afin de faire valoir ses droits démocratiques.

Comme Schapiro l’a écrit, il est trop évident d’affirmer que le processus de bon gouvernement d’un pays ne doit être observé qu’à la lumière de ce qu’ambitionnent et réalisent les détenteurs du pouvoir. Il importe dans l’évaluation des facteurs contributifs au développement d’un pays ou d’une nation d’également observer ceux qui s’opposent aux ambitions du gouvernement, ou ceux dont les intérêts et les résistances doivent être conciliés avant que les détenteurs du pouvoir agissent conformément aux intérêts de la collectivité.

Or, le drame de l’opposition politique au Gabon, dont on ne cesse pourtant de vanter la richesse de la sagesse des différents chefs des partis, se résume en effet dans ce constat désolant que le nombre incalculable de partis politique sont des espèces d’îlots ethniques ou claniques qui ne peuvent par leurs seules actions constituer une force véritable pour s’opposer effectivement au parti au pouvoir et veiller à faire obstacle à une gouvernance lamentable.

En effet, la reconnaissance du droit de critiquer et de contester publiquement les mesures et politiques adoptées par le gouvernement est un des piliers fondamentaux des régimes démocratiques, l’un des droits que Dahl a définis comme le premier axe constituant d’un État responsable.

Par conséquent, il n’est guère dans l’intérêt de notre pays que l’on se retrouve avec des formations politiques disparaitra et qui n’ont pour seul lien de convergence que la colère nourrie contre ceux qui détiennent le pouvoir.

La première chose qu’il convient de faire avant de dénoncer le parti au pouvoir, qu’il soit légitime ou pas, qu’il gouverne mal ou pas, est de construire un opposition politique crédible visant à présenter aux populations un projet de société à partir duquel sera examiné les actions du gouvernement actuel, sa légitimité ou son illégitimité.

Pour cela, j’invite mes compatriotes, qui souhaitent voir se forger un cadre de discussion politique constructif, à participer activement à la reconstruction de l’opposition politique au Gabon. Très prochainement, selon le résultat du sondage envoyé à quelques leaders politiques et à quelques universitaires de même que des réactions recueillies dans les réseaux sociaux, un plan d’action stratégique sera proposé d’ici peu. Je nous invite à la réflexion.

Faisons des propositions concrètes publiques et engageons-nous dans le débat pour l'avenir politique de notre pays.

JMN

dimanche 16 décembre 2012

Union des Forces de l’Alternance, encore une autre association politique de quartier?

Union des Forces de l’Alternance, encore une autre association politique de quartier? En quoi cette nouvelle trouvaille apporte-t-elle quelque chose de nouveau dans le marasme dans lequel se trouve l’opposition politique aujourd’hui au Gabon?

Rien.

Peu importe le nom qu’elle voudra se donner, l’opposition politique du Gabon doit sortir une fois pour toutes de ces regroupements de pleurnichage et de lamentation de ce qu’Ali a fait ou n’a pas fait.

Si les acteurs qui président ces partis politiques sont séreux dans leur volonté de s’unir pour en finir avec le régime en place, qu’ils ne se contentent pas par des mots creux à parler d’une union sans réel effet au plan de la conquête du pouvoir.

La seule voie qu’elle peut emprunter pour convaincre les Gabonais est celle conduisant à constituer un véritable parti politique de l’opposition : une structure fédérative des partis politiques avec des dirigeants élus par les militants et un programme de société prenant appui dans la volonté d’émancipation des Gabonais.

A quels besoins peuvent bien répondre aujourd’hui des partis politiques d’un individu, d’une famille, d’un clan, d’une région du pays même en entrant dans des unions de façade?

Si Ali Bongo a eu peur de l’Union Nationale, c’est parce que l’idée qui a fondé ce parti était justement le dépassement d’un individu, d’une famille, d’un clan, d’une région du pays. Malheureusement, certains membres de ce parti, encore nostalgiques de l’ère Bongo Omar n’avaient pas compris qu’il fallait instaurer un contexte militant nouveau, y faire vivre un processus démocratique d’envergure a la vie militante comme aux structures organisationnelles du parti. Peut-être, aurions-nous ainsi évité des décisions d’une personne ou d’un directoire tout puissant et illégitime, puisque non désigné par la base militante.

Il faut à l’opposition politique gabonaise d’entrer dans une reconfiguration qui dépasse ces blagues d’union politiques d’individus. Nous voulons un seul parti de l’opposition réelle avec des leaders élus par tous les Gabonais.

JMN

jeudi 13 décembre 2012

Des pleurs comme des fleurs ….

Des pleurs comme des fleurs ….

Petit, j’ai bénéficié d’une tendresse infinie de la part de ma sœur, la fille aînée de ma tante. Je crois que c’est cette affection prodiguée dans mon plus jeune âge qui fit de moi cet être attentif aux autres et qui veut le bien pour tous. Ma grande sœur était une personne remplie d’empathie pour les gens de son entourage. Malgré la colère qu’elle pouvait à l’occasion entretenir contre ceux qui avaient eu le tort de l’offenser, elle était animée d’une profonde bonté et d’une profonde humanité. Par ses manières, elle a su me communiquer son humanité et l’esprit de sa bonté.

Quand je vins au monde, elle venait de perdre son premier fils. C’est tout naturellement que convié à ses bons soins, lorsque ma mère vaqua à des occupations prenantes, que j’allaitai son sein. Cette activité avait créé une certaine affiliation fusionnelle entre elle et moi. La maternité allaitante par défaut à laquelle elle se voua à quelques occasions par le hasard des occupations de ma mère aurait dû l’amener à me traiter comme son fils. Elle ne me voyait pas comme cela. Je fus un compagnon de vie, un ami intime, presque une âme sœur.

Enfant ou adolescent et même au début de ma vie adulte, je ne réalisai pas la profondeur de cette relation fusionnelle qui existait entre ma sœur et moi. Jusqu’à son dernier soupir, dont je n’ai expérimenté l’expression que par le récit des autres membres de notre famille, je n’avais jamais pris la mesure de son affection pour moi, pas plus que je n’avais été amené à mesurer celle que j’avais de façon inconsciente à son égard. Aujourd’hui, rien qu’à l’évocation de son souvenir, je souffre encore terriblement de cette absence arrivée trop tôt dans ma vie.

Lorsqu’à l’été 1989, je l’annonçai mon voyage pour poursuivre mes études en Amérique du nord, elle crut d’abord à une blague. Elle me regarda avec ce sourire et cet air interloqué qu’elle savait afficher avec élégance pour me dire ne prend pas tes rêves pour la réalité. Néanmoins, par le sérieux que je mis à mon visage, elle arrêta l’exécution des tâches qu’elle accomplissait pour examiner avec un regard inquisitoire ce papier de mon admission à l’école polytechnique. Tu es sérieux alors, m’avait-elle interrogé, avec un sourire mêlé de fierté et de confusion. Je répondis oui. Elle se retourna et me fit dos. Un long silence s’était installé entre elle et moi. On aurait cru entendre les mouches voler tellement ce silence était si profond.

Derrière son dos, d’où je me tins, je tentai de voir le profil de son visage pour déchiffrer son expression. J’étais inquiet. Je craignis qu’elle oppose un véto. Son assentiment était essentiel à la réalisation de ce projet. Puis, quelques instants après, sans doute de méditation, elle se retourna. Elle me fit face et me regarda longuement avec admiration. Les traits subitement adoucis de son visage me laissèrent croire que j’étais la personne la plus importante de sa vie, que nous étions qu’une même personne et qu’un tel départ était pour elle une souffrance. Mais comme pour faire tort au fruit de mes pensées, elle dit, j’ai toujours su que c’est toi qui nous sortiras de la misère. Elle voulait par cet aveu dissiper ses craintes de mon départ et se donner raison de ne pas interdire la poursuite de mon projet d’étude à l’étranger.

Avec ce geste d’affection qui n’existe qu’entre une mère affectueuse et son fils bien-aimé, elle s’approcha de moi, comme pour murmurer ce qu’elle ne voulait que personne d’autre n’entende. Elle me prit dans ses bras et me serrant contre elle. Elle chuchota qu’elle allait souffrir de mon absence et que je ne la retrouverais plus à mon retour de ce voyage dont elle perçut la durée une éternité. Elle était au milieu de la trentaine. Je ne comprenais pas ce qu’elle voulait dire par je ne la retrouverais plus à mon retour. Puis, après cette confession qu’elle livra avec une voix qui étouffait un torrent de sanglots, elle se détacha de moi.

Désorienté par ses paroles, je reculai de trois pas comme pour bien la regarder. Dans mon examen, je contemplai les larmes que la fermeture et l’ouverture délicate de ses paupières laissèrent échapper délicatement. Elles étaient pleines de tendresse et de regrets. Je lis comme un adieu, le détachement difficile que l’on vit quand on sait qu’on ne retrouvera jamais plus la personne qui nous quitte. Même si à ce moment-là je pus lire la peine de la séparation qui se profila, c’est que longtemps après que je pris réellement la mesure du poids de ces larmes nobles. Car les événements qui survinrent après mon départ ont profondément détruit notre clan. Le décès prématuré de ma grande soeur en a été le fcateur de précipitation de ce qui couvait depuis plus de deux générations.

Des fleurs comme des pleurs est le récit avenir de la destruction de mon clan maternel. On y trouvera les ingrédients de ces histoires bantoues par lesquelles des familles entrent dans des tourments, se déchire par la jalousie, par les accusations de sorcelleries. On y verra à l’instar de la famille que ce sont ces mêmes déchirements alimentés par le mauvais esprit qui affectent la société gabonaise dans son ensemble.

JMN

vendredi 7 décembre 2012

Si je n’avais été vilipendé à tort, j’aurais gardé le silence.


Dans mon travail, en tant que secrétaire exécutif de la CDG, j’ai été commandé de produire des scénarios de travailler pour examiner les différentes options du changement politique au Gabon. Dans le texte ci-dessous un de ces scénarios est présenté. Il avait été envoyé par courriel à cinq membres de la CDG comme élément de discussion à l’interne entre ces cinq personnes avant le proposer à l’ensemble des membres de la CDG. Depuis, celui-ci a été transféré à quelques compatriotes et aux autorités politiques françaises du ministère des affaires étrangères et à l’Élysée, la cellule Afrique, dans le but de me présenter comme une personne qui veut entrainer la violence au Gabon. Il est même dit que j’avais sollicité de l’argent pour aller mener une insurrection à partir d’une des frontières gabonaises. La gabonitude c’est quelque chose.

Pourtant, il a été fait signification, à ceux qui furent reçus au quai d'Orsay sur la rive gauche de la Seine dans le VII arrondissement de Paris dernièrement, que la France pas plus que les États-Unis d’Amérique et la communauté internationale ne soutiendront l’idée de la CNS. Lors de mon séjour au Gabon à la demande de la CDG, le conseiller politique de l’ambassade des États-Unis d’Amérique avait également été formel sur le non-soutien des États-Unis d’Amérique à ce projet. De la même façon injonction avait été donnée à quelques compatriotes d’un certain parti politique de prendre leur responsabilité au regard de l’ultimatum donné à Ali Bongo par rapport à l’objet de la CNS. Voilà pourquoi le mot d’ordre attendu de l’affrontement n’avait pas été donné aux militants assoiffés d’en découdre avec le système Bongo-PDG. D’ailleurs, dans son allocution d’inauguration de la nouvelle embrassade des États-Unis d’Amérique au Gabon, l’ambassadeur a été très clair en disant que son pays ne travaillera qu’avec une opposition responsable.

Dans le premier cas comme dans le troisième, les injonctions de la communauté internationale et de leur non-soutien à l’objet de la CNS n’ont pas fait écho. Malgré ces faits bien connus, certains font-ils leur vedettariat dans les médias et les réseaux sociaux pour annoncer des choses dont ils savent d’avance qu’elles ne se feront pas. Une autre façon de tuer un peu plus les espoirs des Gabonais. Je publie donc ce texte non pas pour faire l’apologie de la violence, mais pour faire cesser la propagande malveillante et ces faux messages.

Scénario de travail 3 :

Il y a consensus au sein des observateurs nationaux et internationaux non partisans que notre pays est gouverné depuis 1967 selon certains par une dictature alors que d’autres parlent d’un régime antidémocratique en ce sens qu’il accapare l’ensemble des institutions de l’État de sorte que toute alternance par les urnes est impossible.

Pour cela, même s’il tolère la pluralité des partis politiques il s’oppose au fonctionnement démocratique du pays. Le pluralisme politique ne sert alors que de couverture pour mieux camoufler l’absolutisme politique. Car en vérité, dans notre pays le chef de l'État détient tous les pouvoirs politiques.

De fait, il n'est réellement assujetti à aucune loi et gouverne sans contrôle. Son pouvoir est lié à sa personne, ce qui le rend omnipotent. Étant souverain de toutes les décisions et les actions de gouvernement de la communauté nationale, il n’est redevable de ses actions qu’à lui-même. Ce qui fait de nous ses sujets. Une condition politique inacceptable.

D’abord parce que dans une société où le gouvernement exerce un pouvoir absolu, aucun progrès sociopolitique n’est possible. De plus, les conditions de vie qu’il impose à la société sont la cause de toutes les souffrances des individus : crimes politiques, crimes économiques, crimes rituels, crimes rituels, etc.

En tant qu’universitaires et citoyens vivant à l’extérieur du pays bénéficiant de certaines facilités, il nous revient le devoir de mettre fin aux souffrances de nos frères et sœurs et de convenir pour cela de moyens de résolution du problème de la gouvernance actuelle de notre pays.

Après mures réflexions, il m’apparait que le changement politique souhaitable au Gabon ne peut s’opérer que par le renversement du régime en place. Ce renversement ne viendra pas d’un mouvement de militantisme partisan, mais bien par des actions violentes remettant en cause l’ordre politique établi.

Pour ce faire, la violence pour la violence ne pouvant rien n’apporter de ce que nous souhaitons, il nous faut une structure de fonctionnement et de visées politiques capables de concevoir ce qu’il convient de faire dans un premier temps, dans un second temps comment le faire et dans un troisième temps de mettre en œuvre les actions du renversement du régime.

Il faudra dans un premier temps donc penser à la mise en place d’un comité pour le renversement du régime. Il devra être composé d’au plus une quinzaine de personnes. Il regroupera des opposants au régime qui cherche à le renverser quels que soient les moyens. Les Membres du Comité de Renversement (MCR), potentiel pouvoir exécutif de transition ne devra admettre en son sein que des personnes d’une grande intégrité politique plaçant les intérêts supérieurs de la nation au-dessus de leurs propres intérêts. Ils devront également faire preuve d’une certaine indépendance financière et contribuer dans une certaine mesure financière ou matériellement au projet du renversement.

Les MCR doivent poursuivre les objectifs ci-dessous :

• La liberté politique et le peuple comme seul souverain de la gouvernance de la communauté nationale ;

• Les citoyens choisissent le Parlement et celui-ci choisit le gouvernement qui exercera le pouvoir politique.

• La liberté des partis politiques dans le cadre des lois pour leurs activités ;

• Développement sociopolitique dans la quête du bien-être pour tous les citoyens

• Égalité de tous devant la loi en respectant le principe de liberté sur la base des droits de l’homme ;

• Système d’économie libérale, mais sous le contrôle du gouvernement d'État ;

• Le contrôle des ressources naturelles et de leur exploitation par l’Assemblée nationale.

Le MCR vise renversement du régime en place par le harcèlement du gouvernement et de l’autorité politique en place de même que des opérateurs économiques qui soutiennent ce régime. Le harcèlement est essentiellement fait d’action de sabotage et de destruction des symboles politiques et économiques du régime.

Le MCR envisage de diriger le pays durant 12 à 48 mois en attendant la mise en place d'élections libres. En outre, et dans l'optique de la tenue des élections, tous les Partis seraient libres et autorisés de faire campagne.

Trois consultations nationales sont envisagées une fois le pouvoir actuel destitué :

1. Référendum portant sur le type de régime à adopter pour le pays ;

2. mise en place de l'Assemblée constituante chargée de rédiger la nouvelle Constitution ;

3. Élection du Parlement et désignation du gouvernement qui en sera issu.

Pour que le MCR parvienne à atteindre les objectifs convoités, il faut qu’il dispose de moyens d’action d’une certaine importance. Il me semble que deux millions d’euros seront suffisants. La question à se poser est pouvons-nous la réunir ? Parce que, sans financement, il est impossible d’y parvenir. Je vous laisse lire l’article de Jeune Afrique ci-dessous.

jeudi 6 décembre 2012

Il fallait réviser le processus du projet de la CNS


J'ai écrit cette lettre le 31 octobre 2012, alors que j'étais secrétaire exécutif de la CDG dans le cadre des scénarios de travail pour susciter le cangement politique au Gabon.

Bonjour,

Je vous prie de me lire avec une attention soutenue.

Scénario 2

Il faut revisiter l’idée et le projet de la Conférence nationale Souveraine.

Soyons lucides. À l’heure actuelle, tout indique que la Conférence Nationale Souveraine ne se tiendra pas. Nous nous dirigeons vers une impasse. Il faut reprendre l’initiative pour que le travail qui a été entamé ne tombe dans les oubliettes. Il faut redéfinir ce que ce projet doit être et comment parvenir à faire en sorte qu’il voit le jour dans un très bref délai.

En premier lieu, il convient de dire que l’opposition pour l’opposition n’apporte rien. C’est comme cela que ce projet est vu en ce moment par les citoyens qui ne s’intéressent pas aux débats rhétoriques. Ils observent ce qui se dit en leur nom avec désinvolture. Le discours de l’opposition apparaissant comme du réchauffé.

Pour faire preuve de crédible et mobiliser pour les changements convoités, l’opposition doit montrer dans ses discours qu’elle se préoccupe des conditions de vie des Gabonais non pas dans cette dénonciation des manquements du système PDG-Bongo, mais dans la conceptualisation et l’offre d’un projet de société qui soit à la hauteur d’effacement des prétentions que les tenants du pouvoir véhiculent.

En effet, nul Gabonais n’ignore que la vie de la plupart des compatriotes est calamiteuse et que cette condition misérabiliste est le fait d’une mauvaise gouvernance, des crimes politiques, des crimes économiques, des crimes sociaux et des crimes rituels. Il faut certes les dénoncer, mais dans une perspective de proposition d’une société nouvelle incarnant à la fois des valeurs nouvelles puisées dans nos traditions et des pratiques de gouvernance qui valorisent la citoyenneté, qui font la promotion des valeurs démocratiques, qui montrent le respect de la vie humaine et qui promeuvent le respect des libertés individuelles et l’esprit d’entreprenariat créatif.

Pour cela, le projet de Conférence Nationale qui a été mis de l’avant par la diaspora, la société civile et l’opposition ne doit pas être abandonné ou conduit à l’abattoir faute d’une lecture intelligente de l’état d’esprit de nos concitoyens. Il doit aller de l’avant avec un agenda nouveau. Elle gardera son caractère souverain parce qu’elle ira puiser son essence dans les revendications non pas seulement politiques des populations, mais ce besoin du mieux-être économique, social et culturel.

Ainsi, à l’exclusion du parti au pouvoir, elle regroupera tous les partis politiques et conduira à la naissance d’une seule force politique qui pourra héberger de nombreux courants politiques divers dans leurs idéologiques socio-économiques, mais une uni dans cette quête d’une alternative institutionnelle et gouvernementale.

Le projet de société dont sera porteuse cette formation politique nouvelle sera l’élément mobilisateur qui devra évincer le système politique Bongo-PDG sans violence. Aussi, il est essentiel de comprendre que tout projet de société se doit d’abord de coller au plus près aux réalités de notre société. Il sera par conséquent construit telle une réponse articulée aux difficultés que les citoyens vivent quotidiennement et un levier pour soulever les obstacles sociopolitiques qui font ombrage à l’épanouissement de la Nation.

Dès lors, la Conférence Nationale Souveraine sera le cadre du débat de la définition de l’avenir politique du Gabon comme les participants la concevront.

En regroupant toutes les forces de l’opposition, tous les acteurs de la société civile, les acteurs économiques, les investisseurs potentiels internationaux, la Conférence Nationale Souverain sera donc l’occasion de tout remettre à plat pour l’érection d’un cadre politique, économique, culturel et social attendu de tous.

 

mercredi 5 décembre 2012

Du désengagement de la lutte politique

La vie politique dans l’opposition au Gabon est d’un contraste saisissant. Aux spectacles des discours légitimes de dénonciations d’un pouvoir arbitraire qui entraîne des luttes tragiques et des luttes comiques, répond un labyrinthe des calculs malicieux, le cheminement discret, mais malveillant des projets muris dans le secret et les combines de chefs de clan. De même, aux déferlements rhétoriques du langage politique engageant, on y retrouve des discours tantôt enflammés tantôt insipides, toujours prolixes, mais tous rarement vrais. Tous, pourtant faits pour engager lourdement le destin collectif.

Certains comme des mystiques en religion pour susciter la foi aveugle, entraînent quelques-uns dans l’arène, avec la psychologie du gladiateur, décidés d’en découdre avec l’ennemi sans que la cause du combat ne soit clairement délimitée dans les gains de la lutte engageante. Ne faut-il pas une raison pour haïr et une finalité dans la bagarre?

Entre les pôles extrêmes, de la ligne des opposants, évoluent activistes professionnels et dilettantes, militants de partis politiques engagés et militants occasionnels, poètes de la misère et sauveurs du monde, pragmatiques de la raison politique et fanatiques de l’intolérance ethnique. Tous à leur manière, révélatrices des multiples conceptions de la cause de cette lutte, s’adonnent à cœur joie de dénoncer le mal dont la plus part ont pris malin plaisir à édifier directement ou indirectement à travers leurs lignées et ou amis et; à invoquer des vertus dont les comportements dans la lutte n’affichent en rien les percepts.

Rien d’étonnant que l’on lise dans les volontés d’actions ces disparités qui affaiblissent le mouvement collectif dans la lutte. À cause de ces contrastes, l’opposition politique gabonaise entraîne les citoyens, par désabusement, à s’inscrire dans les listes des spectateurs, diversement attentifs, pour verser dans une profonde ambivalence de sentiment à l’égard de l’objet et de la nature de la lutte. Le regard de la majorité des Gabonais à l’égard de la lutte politique au Gabon l’atteste éloquemment. Il est un langage d’indifférence dans la différence des genres qui s’emploie à parler différemment de ce qui communément ne saurait être un fait d’individualité.

Toute une tradition fait ainsi de la lutte politique au Gabon depuis trente ans non pas un combat des idées et des valeurs ou encore un combat au service de la communauté, mais un combat pour soi en soi.

Aristote avait pourtant justifié la société esclavagiste par la nécessité pour les hommes éclairés de consacrer aux deux seules tâches vraiment dignes : la philosophie et la politique, le plus claire de leur dévotion pour le bien. L’une pour dire les choses dans la mesure de la vertu et l’autre pour l’action par laquelle le pouvoir est recherchée ou conquis en vue du bien de la multitude. Aristote en est même venu à définir la politique comme l’art du gouvernement des hommes.

Certains n’ont pas compris que cette gouvernance n’est pas effective que lorsqu’on est aux commandes de l’État. Elle est aussi dans la manière de cette marche pour accéder aux commandes de l’État. Il ne faut pas croire qu’en boitant avec ce rythme qui fait que l’on met difficilement un pied devant l’autre, que l’on serait porté à croire à la victoire possible contre celui qui a la cadence du rythme naturel dans sa démarche. Par ce geste démocratique, dans la quête de la vertu, dans notre geste citoyen, le peuple serait moins porté à parier pour la victoire du boiteux si le destin collectif dépendait de sa victoire dans la course face à celui qui sait user de ses deux jambes.

À ne point douter, malgré l’immensité de leur ignorance ou de leur inattention à la portée des actes et des discours, fort explicable au demeurant de bien diverses manières, les spectateurs de la vie politique gabonaise soupçonnent confusément la distance qui sépare les ambitions réelles des acteurs (des plus mesquins aux plus respectables) et les rationalisations embellissantes qu’ils en fournissent pour faire croire à l’intérêt collectif de l’engagement politique. Ne nous trompons pas, aucun des discours fait maintenant est de nature à susciter la défection dans les listes spectateurs pour alourdir celle des acteurs engagés. Longtemps encore, la plupart des Gabonais seront spectateurs de leur propre destin. La faute est à attribuer au philosophe et au politique, cette élite limitée dans ses capacités à devenir vertueuse.

Il faut, nous semble-t-il pour revendiquer la démocratie et obtenir du peuple crédit de sa crédibilité; être d’abord un démocrate dans la totalité de ses comportements et de ses discours. De plus, ce qui est une chose plus qu’élémentaire!

Joël Mbiamany-N'tchoreret



dimanche 25 novembre 2012

La sagesse de la pratique du doute cartésien

Quand on rêve, on est convaincu d’être dans la réalité, jusqu’à ce qu’on réalise qu’on était dans un rêve. Par soulagement on se dit, heureusement que ce n’était qu’un rêve. Et là, comme pour tirer un enseignement, on en vient à faire de ce rêve un outil pour agir au mieux. Comme avec l’effet du rêve, les gens sages savent qu’il faut généralement pratiquer le doute lorsqu’on tente d’entrer dans une action dont l’échec est un facteur de reculade dans la lutte menée.

En effet, douter n’est pas scepticisme. Le doute est une transformation de son questionnement en expérience pour mieux appréhender la chose sur laquelle on souhaite agir. Ainsi, douter n’est pas refuser la réalité tangible. Il n’est qu’incertitude provisoire et partielle pour rouver une certitude entière et irrécusable pour que l’action à mener aboutisse aux finalités visées, en faisant en sorte qu’aucun accident du hasard ne vienne intervenir sur ce que l’on souhaite voir réaliser. Parce qu’il faut se souvenir que lorsqu’on est plongé dans la pension de son engagement, on en vient, avec la certitude des gens qui se laissent dominer par leur propre empire, à cette vérité de l’orgueil et de la prétention démesurée, à éluder des déterminants importants de la réalité à façonner.

Or nous savons que les sens nous trompent parfois. Les illusions d'optique dont nous sommes souvent victimes de l’abus de nos sens sur la perception des choses. Il faut donc considérer comme faux et illusoire tout ce que les sens me fournissent selon ce que nous avons vu précédemment.

Le principe est aussi facile à comprendre que difficile à admettre, car comment saurions-nous alors que le monde existe? En toute rigueur, nous devons temporairement considérer tout cela comme faux. À ceux qui prétendent que cette attitude est pure folie, Descartes pose l'argument du rêve que nous faisons au début de notre propos. Pendant que nous rêvons, estime Descartes, nous sommes persuadés que ce que nous voyons et sentons est vrai et réel, et pourtant ce n'est qu'illusion. Le sentiment que nous avons pendant la veille que tout ce qui m'entoure est vrai et réel n'est donc pas une preuve suffisante de la réalité du monde, puisque ce sentiment est tout aussi fort durant nos rêves. Par conséquent, si je cherche la vérité: « feindre que toutes les choses qui ne m’étaient jamais entrées en l'esprit n’étaient non plus vraies que l'illusion des songes » est une pratique du doute qui n'interdit pas agir, mais à examiner l’ensemble des facteurs qui composent la réalité dans laquelle nous devons agir. C’est agir avec sagesse. Voilà, chers amis, lorsqu’on veut aller loi dans l’expression de sa pensée, il est toujours bon, dans le processus de la naissance de cette pensée de considérer la probabilité qu’une autre vérité que celle que l’on construit selon ses propres passions soit possible. À cet égard, faut-il qu’en toute action subsiste un doute raisonnable; faut-il donc démissionner devant la poursuite de ses propres intérêts lorsque l’on prétend mener une action au nom du peuple. Parce que dominer par son empire on dira agir au nom du peuple, mais en menant par soi-même sa propre quête.

Je me comprends, c’est ce qui compte dans ce monologue.

JMN

mardi 20 novembre 2012

De la lutte politique en question : autopsie des craintes des uns à l’égard des autres.

La conduite de la lutte politique, pour le triomphe de l’exercice de la souveraineté des peuples dans la constitution de leur gouvernement, a constitué historiquement une querelle entre partisans de cette lutte. Pourtant, il n’y a pas une seule façon de provoquer les bouleversements politiques. Certains sont légitimés de croire au recours des moyens de désobéissance civile qui provoqueraient des blocages obligeant à des discussions nationales en vue de présider aux changements institutionnels souhaités ; d’autres sont tout aussi légitimés de croire  à l’action insurrectionnelle qui, favorisant un vide institutionnel, obligerait la tenue d’une Constituante pour reconstruire le cadre institutionnel de l’État détruit.

Georges Sorel, défenseur de la première orientation, affirmait que la grève générale sur une longue période était suffisante pour renverser le pouvoir. Rosa Luxembourg, au contraire, prétendait que ce moyen est inefficace s’il n’intègre pas une stratégie politique globale par rapport à l’ensemble des composantes de la société. Albert Schultz, soutenant la perspective de Rosa Luxembourg, fit valoir, à cet égard, que toute révolution non fondée sur un projet de société conçu par l’ensemble des leaders engagés de la lutte politique conduit inévitablement soit à l’échec ou au triomphe des maux encore plus ravageurs que ceux combattus dans cette lutte.

Subséquemment, de peur d’une victoire amère, des leaders prudents préfèrent baisser leur étendard, parfois accepter le statu quo au détriment du changement à tout prix. De la même façon, plusieurs leaders, en l’absence d’une stratégie trouvée cohérente, préfèrent s’abstenir de s’engager dans une lutte vouée en apparence à l’échec.

Albert Schultz nous enseigne par conséquent que la force de l’opposition contre un régime politique dictatorial est fonction de la cohérence dans les finalités des bouleversements politiques convoités. Pour juger de la qualité de la lutte et du caractère potentiellement mobilisateur, faut-il évaluer la vertu de l’objet du combat de tous dans cette lutte. Dès lors que les fins de la lutte sont partagées et que les leaders sont probes dans leur lutte politique, toutes les chances du triomphe de la lutte politique sont réunies, peu importe les moyens qui soutiennent cette lutte ou les voies empruntées.

Au regard de ce qui précède, la faiblesse de la lutte politique gabonaise et de son caractère démobilisateur provient du manque de confiance et de considération des acteurs de l'opposition entre eux dans cette lutte. Il en résulte une impossibilité de construire une finalité objective de la lutte politique à mener. Chacun se croyant investi d’une colère honnête, pour évincer les tenants du pouvoir, décide avec qui il faut travailler et avec qui il ne le faut pas.

De cette exclusion, de la même façon qu’on note une appropriation de l’État pour des fins politiques privées, on note une appropriation de la lutte politique contre la dictature pour le triomphe des intérêts politiques personnels. De fait, bien que la lutte politique à faire soit prononcée au nom du peuple, elle n’est pas menée avec le peuple. Voilà la cause qui fait que depuis plus de 50 ans la plupart des peuples d’Afrique francophone ne sont pas parvenus à renverser les régimes qui les oppriment.

Voilà aussi pourquoi, lorsque nous avons été amenés à contribuer aux discussions sur la façon de faire triompher la liberté politique et la souveraineté du peuple dans la gouvernance du Gabon, nous avons proposé la tenue de la Conférence nationale souveraine. Dans notre esprit, elle était un moyen pour que le peuple soit tenu acteur et non-spectateur de son propre destin. Étant au centre de l’objet du débat politique, à travers les représentants qu’il aura désignés pour la circonstance, il aurait été la source et la cause du débat. D’où par ailleurs le caractère souverain que nous invoquions pour cette Conférence nationale. Aussi, fallait-il partir de ce que les citoyens vivent au quotidien pour asseoir ce qui devait se faire et comment cela devait se faire.

Trois volets avaient donc été identifiés : le volet économique pour le développement du pays dans la quête de l’enrichissement des citoyens, le volet socioculturel pour la construction des valeurs sociales et culturelles nécessaire à l’épanouissement et à l’appartenance à la Nation et le volet politique pour la reconfiguration de l’organisation et le fonctionnement politique de l’État.

Pour embarquer l’ensemble des citoyens au débat, le volet économique et social devait surpasser le volet politique, même si par ailleurs nous savions très bien que sans le renversement du régime en place, aucun changement politique notable ne peut se faire dans le pays. De cela, justement, il fallait amener l’ensemble du peuple, embarqué dans le débat, à réaliser les causes fondamentales du blocage dans la quête de sa bonne gouvernance et par conséquent, le guider par des leaders objectifs, à en venir à obliger le changement politique souhaité.

Malheureusement, sous-estimant la volonté de privatisation de la stratégie politique par quelques-uns, certains propos conduisirent à faire croire à une lutte politique privée de l’objet de la CNS. D’où cette opposition qui fut faite sur l’idée de la CNS et pour laquelle nous fûmes contraints de nous rendre au Gabon pour faire la médiation entre les acteurs politiques gabonais de l’opposition.

Également, par rapport à cette apparence d’appropriation de l’objet de la CNS, le pouvoir établi s’est trouvé justifier de refuser sa tenue. Les discours qui ont précédé le refus du pouvoir établi, sans remettre en question une certaine façon de faire et recadrer l’objet de la CNS par rapport au premier volet, ils ont perpétué des débats et des actions qui confortent, là encore en apparence, la perception de la propriété privée de la CNS aux fins politiques de certains.

Comme nous l’avions suggéré et cela fut par ailleurs débattu entre les leaders des partis politiques de l’opposition, il y fallut tenir une tournée nationale de toute l’opposition dans l’ensemble du pays pour édifier le peuple sur les motifs de la tenue de la CNS et l’entrainer à épouser le projet et à se l’approprier. Au lieu de cela, nous avons assisté à des disputes de clocher, chaque parti ou groupe de parti politique faisant valoir son propre agenda, ses propres intérêts. Il en résulte une dissonance par laquelle les uns exclurent les autres.

En somme, pour terminer notre propos, la faiblesse de notre lutte pour les changements politiques au Gabon est due à la carence d’une direction probe et objective pour coordonner ou ordonner les luttes politiques à mener. Il en résulte une impossibilité du triomphe des idéaux dont nous sommes porteurs. Certains n’ont effectivement pas compris que tout objet qui entraîne à la lutte politique n’est pas nécessairement, aux yeux de toutes et de tous, objet de vertu politique, chacun faisant manifester sa propre ambition politique.

Pour cela, les comportements et les dires de quelques-uns au nom du peuple en excluant certains ne peuvent qu’entraîner nos critiques, surtout lorsque ces mêmes personnes font de la fierté de leur ethnie le cadre de leurs revendications politiques. Plusieurs compatriotes déplorent nos critiques disant qu’elles affaiblissent la lutte politique que nous menons. Mais en même temps, ils ne prennent aucune précaution qui favoriserait la cohérence des discours et la concorde entre les leaders de cette même lutte politique. Bien au contraire, ils font dans le clanisme politique qui instaure l’inceste politique et sème le doute sur les trépignements politiques montés ici et là. On n’est pas sorti de l’auberge. Pauvre Gabon !

JMN

dimanche 18 novembre 2012

Les paroles de Jésus dans la quête de l’espérance

Les paroles de Jésus dans la quête de l’espérance portent sur deux réalités : les facteurs annonciateurs du monde nouveau et la venue de ce monde nouveau.

Jésus lui-même va accomplir les textes de l’Ancien Testament à la fin des temps et les disciples ne doivent pas se soucier de l’heure précise du retour de Jésus. Quand nous lisons le verset 26, nous savons que Jésus est l’être céleste qui viendra dans la puissance et la gloire.


Comme le Fils de l’Homme de Daniel, le Jésus de Marc reviendra et rassemblera ses élus « des quatre coins du monde, de l’extrémité de la terre à l’extrémité du ciel » (Marc 13,27). Jésus ne faisait pas miroiter à ses disciples un avenir étincelant. Il parlait de l’époque que vivaient les premiers lecteurs de Marc et, en vérité, de celle que nous vivons nous-mêmes. Jésus prévoyait des guerres, des tremblements de terre, des famines, où il voyait « le début des douleurs de l’enfantement » : les événements prophétisés annoncent l’avènement douloureux d’un temps nouveau, qui advient même si les forces des temps anciens luttent pour en empêcher l’avènement.

Jésus décrit aux gens de son temps des choses qui toutes éveilleraient la peur chez nos contemporains : guerres, persécution, catastrophes, scandales, populations réduites à la misère. Jésus utilise ces prédictions de détresse pour fonder l’espérance. Nous sommes invités à fixer notre regard sur lui!

Ces paroles de Jésus (versets 29-31) me réconfortent particulièrement : « Lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte. Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. »

L’épreuve eschatologique

L’épreuve eschatologique prendra différentes formes. D’abord, il y aura les trahisons. Comme Jésus qui a été trahi et livré aux mains des pécheurs pour être mis à l’épreuve, ainsi les lecteurs de Marc seront trahis ou livrés aux conseils, frappés dans les synagogues et appelés à témoigner devant les gouverneurs et les rois. Ils seront « trahis » et « livrés » à la mort non seulement par leurs ennemis mais aussi par leurs parents et enfants, leur propre chair!

Deuxième forme de l’épreuve : des faux christs et des faux prophètes feront leur apparition, pour détourner les gens du droit chemin. Ces trompeurs promettront la délivrance et feront des signes et des merveilles pour amener les gens à renoncer à leur foi en Jésus.

Enfin viendront des épreuves ou des tentations même pour ceux qui jouissent d’une paix et d’une stabilité relative. Jésus parle de cette sorte d’épreuve dans la dernière parabole du chapitre 13 : un homme part en voyage et charge ses serviteurs « de veiller et de rester vigilants ». La parabole suggère que les lecteurs de Marc risquent de manquer à leur devoir de vigilance. Ils sont menacés par « les soucis du monde et l’appât des richesses » (Matthieu 13,22), dont Jésus a dit ailleurs qu’ils peuvent étouffer la semence avant qu’elle n’arrive à maturité.

L’ Évangile de Marc nous enseigne que tous ceux qui suivent Jésus seront mis à l’épreuve. Ils le seront par de grands fléaux ou par de puissants séducteurs qui feront des prodiges pour les attirer. Ils le seront dans leur quotidien et dans leurs désirs charnels. Quelle que soit la forme de l’épreuve à laquelle nous devrons faire face, Marc nous dit qu’il nous faut rester vigilants et prier, car si notre esprit et notre cœur sont divisés, nous échouerons et nous ne serons pas prêts à accueillir le maître quand il reviendra.

Nous serons mis à l’épreuve mais nous n’avons pas à craindre car Jésus a changé à jamais le contexte de ces épreuves. En supportant l’épreuve à laquelle il fut soumis, Jésus s’est offert lui-même en parfait sacrifice à Dieu, rendant caduc du même coup le culte rendu dans le temple de Jérusalem. À compter de maintenant et pour toujours, les offrandes appropriées seront les prières offertes par l’assemblée des croyants plutôt que les sacrifices faits au temple. L’offrande que Jésus a faite de lui-même a été acceptée par Dieu en expiation pour le péché du monde. Ceux qui suivent Jésus ont donc été « rachetés » de la colère et du châtiment du Dieu juste. Ils peuvent avoir confiance : ils sont destinés au salut.

La communauté de ceux qui prient

Marc souligne qu’à la suite de la destruction du Temple, la communauté des priants sera la « maison de prière pour toutes les nations », le nouveau Temple sera élevé par Jésus. La prière obstinée est la marque de cette nouvelle communauté, le Temple fait de pierres vivantes. Mais comment Marc et ses lecteurs comprenaient-ils cette notion de « prière obstinée »?

Comment chacun faisait-il pour prier de cette manière et quelles furent les conséquences de cette prière dans la vie quotidienne? Jésus a promis que la prière fidèle sera exaucée, mais à une condition : ceux qui prient ne doivent pas entretenir de doute dans leur cœur.

Dans la nuit et l’angoisse de Gethsémani, Jésus demande sincèrement à Dieu de lui épargner l’agonie imminente, et il est pleinement convaincu que Dieu peut le faire. Mais au même moment, il se soumet à la volonté de Dieu son Père. La patience de Jésus, sa détermination, son renoncement à son propre projet en faveur du projet de Dieu sur lui le font triompher dans le jardin au pied du Mont des Oliviers. Pour Marc, cette prière de Gethsémani est le modèle de la prière du « disciple mis à l’épreuve ».

Mis à l’épreuve

Quels sont les cataclysmes qui secouent le monde d’aujourd’hui? Comment sommes nous mis à l’épreuve au quotidien? Les expériences de rejet, de souffrance, de mort ou de perte, de privation et de vide nous conduisent-elles à abandonner le monde de la vie que nous avions accueilli dans la joie? Nos soucis d’argent, de réussite au travail ou à l’école, de santé, de dépendance, de sécurité d’emploi, de statut, de reconnaissance, de famille et de relations sont-ils en train d’étouffer la Parole de Dieu implantée dans nos cœurs? Sommes-nous accrochés à nos passions, comme la colère, le deuil ou la convoitise, qui nous empêchent de suivre Jésus? Y a-t-il encore de la joie dans notre vie?

La Bonne Nouvelle de l’Évangile de Marc, c’est que nous n’avons pas à faire ce que Jésus a fait en ne comptant que sur la force de notre propre volonté. Nous n’avons pas à affronter d’épreuves sataniques sans l’aide de la puissance divine. Jésus de Nazareth a changé notre situation à jamais. Marc annonce la Bonne Nouvelle en évoquant le pouvoir que la prière donne aux croyants. La communauté chrétienne a le pouvoir de s’engager dans une prière obstinée que ne pourront stopper ni la peur, ni la peine, ni la persécution ni les puissances trompeuses à l’œuvre dans le monde. Jésus a expié le péché du monde et terrassé les puissances qui cherchaient à séparer les hommes de Dieu. Par conséquent, tout est possible lorsque nous allons à Dieu par la prière.

Une perspective d’ensemble

Face aux revers, aux pertes et aux tragédies de la vie quotidienne, n’oublions jamais la perspective à long terme de l’histoire du salut. En tant que chrétiens, nous sommes invités chaque jour à réagir à la dialectique des ténèbres et de la lumière, dans laquelle s’enferre notre époque. L’anxiété collective peut facilement tourner à l’hystérie de masse dès que survient la moindre crise.

C’est pourquoi il est si important d’être ancrés fermement dans la Parole de Dieu, d’y puiser la vie et d’en vivre. Ainsi se réaliseront dans notre quotidien les paroles du prophète Daniel (12,1-3) : « Les sages brilleront comme la splendeur du firmament, et ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude resplendiront comme les étoiles dans les siècles des siècles. »

mardi 13 novembre 2012

Meeting raté de l’UN : Tous coupables et responsables !

Le public, venu nombreux comme d’habitude, assister au meeting de l’Union Nationale (UN), le 10 novembre dernier, en est parti frustré, abattu par une immense déception mais, paradoxalement, plus déterminé que jamais à « dégager Ali Bongo et sa légion étrangère ». Passé le temps de la réaction épidermique, des invectives et des accusations plus ou moins justifiées, il nous faut maintenant procéder à une analyse froide de la situation.

La rencontre de samedi dernier a été un échec. C’est incontestable. Pour nombre de cadres, militants et sympathisants de l’Union Nationale, les responsables de ce fiasco sont Zacharie Myboto (Président) et Jean Eyeghé-Ndong (Vice-président). C’est vrai. Mais en partie seulement, car avec le recul, on se rend compte que tous, militants, dirigeants et sympathisants portent peu ou prou la responsabilité de la déconvenue du 10 novembre après-midi.

Certes, Zacharie Myboto et Eyeghé-Ndong ont tenu un discours totalement en décalage avec les attentes du public. C’est vrai que les allocutions des dirigeants de l’union Nationale étaient d’une vacuité affligeante. Par exemple, Myboto n’a pas fait la moindre allusion à l’ultimatum qu’il avait lui-même lancé, au nom du peuple gabonais, à Ali Bongo. Pas plus qu’il n’a présenté la panoplie d’actions de résistance, de désobéissance ou de défiance à opposer au régime établi.

Pour autant, faut-il voir dans cette « panne d’initiatives », le signe que le directoire de l’Union Nationale a été acheté par Ali Bongo ? Les pédégistes infiltrés dans la manifestation ont tenté de le faire croire aux vrais militants de l’opposition. Janvier Abaga Essono et quelques autres énergumènes à la solde de Boukoubi ont vainement essayé d’intoxiquer la foule en prétendant que Zacharie Myboto avait été reçu à la Sablière par Ali Bongo. Mais cette machination du beau-frère de Mboumbou-Miyakou n’a pas prospéré : Myboto et Eyeghé-Ndong étant connus comme des hommes politiques dont l’engagement, la constance et la détermination ne peuvent souffrir de la moindre suspicion. Ce que l’on peut, en revanche, leur reprocher, c’est d’avoir, comme des gamins, cédé au chantage sournois des ambassadeurs français et américain.

En effet, à la veille du meeting, ils ont rencontré Jean-François Desmazières, l’ambassadeur de France, et son inénarrable collègue américain Eric Benjaminson. Reprenant à leur compte les inepties débitées par le PDG/Bongo via des médias aux ordres, les deux diplomates ont accusé sans preuve l’Union Nationale d’être « un parti violent ». Cela a sans doute contribué à parasiter la réflexion des responsables du parti qui voulaient à tout prix soigner l'image de leur formation politique.

Ainsi, tous ceux qui étaient partis des quatre coins de la capitale pour entendre clairement de la bouche de Zacharie Myboto les mots d'ordre en vue de contraindre Ali Bongo à quitter le pouvoir en ont été pour leurs frais. Et pourtant, il aurait juste suffi de quelques phrases offensives et d’une première action ouvrant le cycle de ce que le numéro un de l'UN a appelé « des actes démocratiques non violents permettant d'atteindre les objectifs fixés ». Une marche et un sit-in auraient, par exemple, permis d’apaiser les ardeurs d'une foule qui n'en peut plus de subir la dictature d'une famille de prédateurs qui trônent au sommet de l'Etat depuis 45 ans.

Selon des informations dignes de foi, ces actions figuraient bien au programme de la journée, et d’autres devaient se poursuivre pendant plusieurs jours et à des endroits symboliques. Mais les dirigeants de l'UN se sont laissés abuser par les arguties d’un Benjaminson dont l’opposition avait déjà, à travers un manifeste publié le 8 février 2011, dénoncé « le mépris, l’hostilité à l’égard des opposants, contrairement à l’ouverture d’esprit, à la courtoisie et à la grande responsabilité de son prédécesseur SE Mme Eunice Shannone Reddick, témoin oculaire de l’élection présidentielle anticipée d’août 2009, avec qui les différents acteurs politiques ont entretenu des rapports francs et constructifs. » dans le même document, l’opposition avait révélé : « l’Ambassadeur Benjaminson n’a pas hésité à mentir à un spécialiste d’Amnesty International, en affirmant qu’il pouvait attester de la situation de la mobilisation et des arrestations qui ont eu lieu près du siège du PNUD à Libreville, puisqu’il en est voisin.

Or, la résidence de l’Ambassadeur tout comme la chancellerie américaine sont bien éloignées de ce site. Plus loin dans son propos, il se fait le colporteur d’affirmations selon lesquelles le PDG aurait pris en charge les récentes dépenses de santé de Monsieur Mba Obame qu’il décrit comme désespéré et pour lequel les Etats-Unis d’Amérique ne s’opposerait nullement à une intervention même par la force contre lui et son gouvernement par les forces armées d’Ali Bongo Ondimba. » Pour cela et pour bien d’autres choses, la diaspora gabonaise aux Etats-Unis avait écrit à Mme Clinton pour que ce suppôt du PDG/Bongo soit relevé de ses fonctions au Gabon.

Opérant sur le même registre, Jean-François Desmazières, un des derniers avatars d’un sarkozisme de triste mémoire a argumenté sur l’attachement de son pays à la non-violence. Comme s’il avait oublié que la France et les Etats-Unis avaient aidé militairement les rebellions ivoirienne et libyenne à prendre le pouvoir. A moins que les deux diplomates aient voulu faire comprendre à leurs interlocuteurs que seules la violence armée et la violence d'Etat – dont Ali Bongo s'est rendu maitre depuis 2009 – trouvent grâce à leurs yeux. C’est ce qui, alors, expliquerait leur silence face aux massacres des dizaines de Gabonais en septembre 2009 à Port-Gentil, à la destruction de milliers d'habitations de Gabonais, au vandalisme contre les médias privés, à la suspension des salaires de fonctionnaires pour des motifs politiques, aux kidnappings d’opposants et de journalistes… Sachant tout cela, Myboto et Eyeghé-Ndong auraient dû tout simplement ignorer les objections malhonnêtes de deux diplomates, amis du clan Bongo, et qui n'ont jamais caché leur hostilité envers l'opposition.

Toutefois, la naïveté et la docilité des dirigeants de l’UN vis-à-vis des chancelleries occidentales, pour critiquables qu’elles puissent être, ne sauraient exonérer les jeunes militants de leurs responsabilités. Il est étonnant, en effet, qu’après avoir harangué la foule en début de meeting, trois représentants de la jeune garde militante n’aient pas pris les choses en main à la fin de la manifestation. Comme tous les autres, ils ont rasé les murs, se contentant d’accuser les vieux de couardise. Dans une situation de crise, les plus courageux prennent les choses en main sans attendre de mot d’ordre. Sous d’autres cieux, les leaders sont souvent arrivés à la fin pour organiser l’Etat. Alors, arrêtons toutes ces chamailleries qui, en réalité, arrangent les Bongo et remettons-nous au travail pour libérer le Gabon!

Auteur: Denis-Bastien Kombila

vendredi 9 novembre 2012

Je n’étais parti que pour un temps...

La première fois que je te quittai, je crus t’oublier, pour un moment, du moins, c’est ce que je croyais.

La quête d’une formation universitaire dans la découverte d’autres univers exaltait mon cœur seulement en m’élevant au-dessus de l’aéroport Léon Mba. Alors que je foulai les pieds dans cette terre du Nord de l’Amérique, les échos de ta voix se firent entendre dans mon cœur. À peine avais-je posé mes valises, dans cet hôtel du boulevard René Levesque qui m’offrait son hospitalité, que tu mureras déjà le souvenir de tes parfums et de tes symboles dans ma tête.

Pour me consoler, la cassette piroguier de Pierre Claver Akendéngué fut introduite dans le baladeur. Ce fut comme tourner le couteau dans la plaie. La nostalgie, de toi, dans mon esprit, se fit immense. C'est fou comme j'avais envie de te toucher de mon regard, de ma voix, pour te dire amour de ma vie, amour de mon existence, je ne suis parti que pour un temps. Oui, je n’étais parti que pour un temps. Du moins, c’est ce que je crus à ce moment-là. Comment aurais-je pu envisager autre chose!

Les Gabonais de s’exilaient pas. Semblables à un boomerang, nos envolées ne formaient qu’un cercle pour revenir au point de départ. Mon voyage s’est quelque peu éternisé. Derrière moi, tu t’es consumé de l’intérieur, ce que je vus de loin et pour lequel je restai attaché n’était qu’une pâle image d’un monde d’espérance vidé de son contenu.

Dans l’essoufflement de la course tortueuse qu’on t’avait fait faire, tu as effacé les traces de mon enfance, ces traces sur lesquels j’avais construit mes rêves, ces rêves à partir desquels mon projet de voyage avait été bâti et à partir desquels, j’avais formulé mes promesses de retour. Alors que je la croyais enfouie dans le roc, le rêve que tu promettais devenir a été dévalisé par des insouciants qui ont torturé ton évolution. De la même façon, j’ai perdu mes repères.

Ils n’avaient pas compris que tu étais une plante équatoriale qui a besoin d’eau et de soleil pour donner ses plus belles fleurs. À chacune de mes visites au printemps, quand je n’aperçus pas tes belles fleurs, j’accusai les changements climatiques d’avoir différé l’éclosion de tes merveilles. Je m’aperçus que quelque dix saisons plus tard que j’accusai à tort les changements climatiques.

Ceux qui étaient censés t’apporter leur amour, pour que tu grandisses et te développes, avaient trempé tes racines dans la souille et, plaçant sur ta tête un parasoleil imperméable aux rayons essentiels à ta croissance, ils ont semé ta décroissance.

Dans l’état comateux dans lequel tu te trouves, j’ai de la difficulté à retrouver les traces de mes espérances, les traces de mes rêves pour entamer mon retour. Puisque c’est de toi que tient le souffle de ma vie, ta perdition semble commander la mienne. L’instinct de survie qui m’habite m’encourage à me battre pour toi, pour moi, pour nous.

Pour rien au monde je ne voudrais t’abandonner à ce sort. Je te jure sur ma tête que je me battrais, je ferai tout, même s'il faut que je crève...

JE T'AIME PLUS QUE TOUT GABON

Joël Mbiamany-N’tchoreret